Intelligence (très) Artificielle ?

Nous avons participé le 5 novembre 2018 à la manifestation organisée par le Forum 360 au Théâtre du Passage, à Neuchâtel, sur le thème l’intelligence artificielle (IA). Était notamment invité Stéphane Mallard, expert du domaine et auteur de l’ouvrage « Disruption, attendez-vous à changer de monde ».

Selon lui, l’IA fait déjà partie de notre présent. Basée sur l’analyse des données et l’autoapprentissage, elle se perfectionne chaque jour davantage.

Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, une innovation majeure touche l’intelligence. Et bientôt les machines éprouveront des sentiments que nous croyions typiquement humains, comme l’humour ou la sensibilité, et développeront une véritable conscience.

Ainsi, les bouleversements de la société seront fondamentaux.

Pour le meilleur d’abord : dans un avenir proche, il sera par exemple possible de détecter toute maladie des années avant qu’elle ne se déclare. Nous aurons tous des assistants personnels virtuels qui nous permettront d’organiser nos rendez-vous et d’effectuer toutes sortes de démarches à notre place, connectés qu’ils seront aux autres assistants personnels et aux objets de notre quotidien. Dans le domaine du divertissement, nous évoluerons parmi les personnages de notre série préférée.

Pour le pire peut-être : selon Stéphane Mallard, absolument tous les métiers seront concernés. Les machines seront capables d’élaborer elles-mêmes les programmes informatiques permettant l’amélioration de leurs capacités. Des robots construiront d’autres robots toujours plus performants. Dans le domaine des services, l’expertise n’aura plus de valeur car la connaissance sera à la portée de tous. Pourquoi aller chez un médecin si un programme peut détecter à coup sûr ma maladie et me prescrire le traitement adéquat ?

A ce stade, les questions se bousculent et n’ont pas de réponse : quel modèle de société va-t-il s’imposer ? Quelle sera la place du travail dans celui-ci ? Et celle des rapports humains ? Les profits gigantesques générés par les entreprises actives dans les nouvelles technologies suffiront-ils à offrir pour tous un revenu universel suffisant ? Et si oui, de quoi sera fait notre quotidien ? Le contact humain sera-t-il préservé, ou passerons-nous notre temps dans des limbes virtuels à rechercher des plaisirs qui, aujourd’hui encore, sont si simples à satisfaire ?