Conscient, inconscient et première impression

Deux alpinistes adeptes du Ice Climbing se trouvent devant une cascade glacée. Ils hésitent tous les deux et finalement renoncent à leur ascension : ils ne la sentent tout simplement pas.

Quelques minutes plus tard, alors qu’ils sont en train de ranger leurs affaires dans le coffre de leur voiture, une avalanche se déclenche et ravage ce qui aurait pu être leur dernier terrain de jeu.

C’est une conférence sur le thème de l’intuition, animée par Jeremy Grivel et Yves François, qui a conclu l’assemblée général d’HR Neuchâtel le 6 juin 2019 au château de Cormondrèche.

L’intuition commune et salvatrice des deux alpiniste est le résultat de processus chimiques et électriques dans le cerveau, et que les neurosciences ont localisé dans le cortex orbitofrontal. Son rôle est de donner de la cohérence aux innombrables informations perçues par nos sens (plus d’un mégabyte de données par seconde).

Culturellement, nous accordons meilleur crédit au raisonnement qu’à l’intuition. Or les dernières avancées scientifiques ont montré que la réflexion consciente mène parfois à des jugements inadaptés car la conscience a une capacité de traitement réduite et ne peut pas tenir compte d’informations très nombreuses, alors que la pensée non-consciente est quasiment illimitée.

Evidemment, un type de raisonnement ne s’oppose pas à l’autre, et ces mêmes études scientifiques montrent que si le problème est clair, la décision raisonnée s’impose, alors que la décision intuitive est plus sûre en cas de problématique complexe.

Ce processus inconscient intervient également lors d’une première impression. Celle-ci s’effectue en 39 millisecondes, pendant lesquelles le cerveau évalue le potentiel de menace. Par la suite, et de manière quasi-automatique, il recherche des confirmations de sa première impression jusqu’au sentiment final, sentiment qui pourra cependant être nuancé par la réflexion.

« La première impression est toujours la bonne, surtout si elle est mauvaise » Henri Jeanson